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conférence: Culture d'Etat , esthétiques théâtrales et statut d'artiste en Roumanie pendant l'époque communiste au lectorat roumain de l'ULB
L’article examine la manière dont le régime communiste roumain a profondément remodelé la culture et les arts du spectacle vivant, en particulier le théâtre, en les intégrant dans un dispositif idéologique global. Le communisme s’y présentait comme une civilisation nouvelle, porteuse d’un projet anthropologique visant à créer « l’homme nouveau ».
Ce projet, fondé sur une prétention universaliste, s’accompagnait en réalité d’un système oppressif caractérisé par la suppression de la propriété privée, l’égalitarisme forcé et la surveillance généralisée. Dans cet environnement clos, la culture perd son autonomie et devient un instrument de propagande, conformément à l’idée que l’art doit servir les objectifs politiques dans les périodes de transformation radicale.
L’étude distingue trois phases majeures du régime culturel communiste : le dogmatisme stalinien des années 1950, marqué par la censure totale et la soviétisation accélérée; la libéralisation relative de 1964 à 1971, qui ouvre une brève période d’assouplissement ; et la restalinisation de 1971 à 1989, caractérisée par un retour au contrôle strict. La période 1948–1964 constitue le cœur de l’analyse, car elle fonde les structures institutionnelles et les pratiques de contrôle qui marqueront durablement le théâtre roumain.
Après 1948, la Roumanie connaît une restructuration radicale : nationalisation de l’économie, collectivisation de l’agriculture, élimination de l’ancienne élite intellectuelle et imposition du marxisme-léninisme comme idéologie officielle. La censure devient une institution centrale, établissant des listes d’œuvres autorisées et interdisant les textes jugés « bourgeois » ou « réactionnaires ». Le réalisme socialiste s’impose comme norme esthétique obligatoire, définissant l’art comme un outil de mobilisation politique.
Le théâtre est particulièrement affecté. La loi n° 265/1947 place les institutions théâtrales sous le contrôle direct de l’État, entraînant la disparition des compagnies privées et la création d’un réseau de théâtres idéologiquement alignés, destinés à l’éducation politique des masses. Les artistes sont intégrés dans des syndicats ouvriers, ce qui modifie symboliquement leur statut social. Cette période entraîne une dégradation du statut de l’artiste, réduit à un exécutant d’un programme politique, soumis à la surveillance et privé d’autonomie créatrice.
Mots clés : Communisme, Roumanie, statut d’artiste, esthétiques théâtrales, comédien, théâtre,propagande.
Contact: Ioana-Raluca ZAHARIA